ADOPTE TA VIE

WEBINAIRE le mercredi 10 juin 2020 à 12h: REPLAY

Passez de la personnalité à la personne ALIGNÉE : Tête-Corps-Coeur 

C’est te servir de ton potentiel sur tous les niveaux pour t’épanouir

Nous ne sommes pas tous pareil, nous ne pensons pas tous pareil, et pourtant, il existe une façon unique de prendre soin de nous. Bien s’épanouir, c’est prendre soin de soi. Un bien-être, un corps sain, et beaucoup d’amour. Voilà le cocktail idéal, l’alchimie parfaite pour s’aimer, aimer l’autre et vivre en harmonie avec la nature.

Et si nous pouvions réunir tout cela ?

Et si tout cela était à notre portée ?

Je vous parlerai de mon expérience de vie, mes expertises, mais surtout des formidables opportunités que nous pouvons découvrir au cours de notre chemin de vie. Nous verrons ensemble comment te servir de ton potentiel pour t’épanouir sur tous les niveaux.

Visionnez ici le REPLAY

ET LE SEXE DANS TOUT CA ? #confinement 

sexe et masque

Réflexions et Conversation de deux thérapeutes, sur les conséquences du confinement et de cette période exceptionnelle sur le couple en général et sur la sexualité en particulier dans un contexte de “Travail à domicile”.

Sandie BOULANGER : Sophro-Relaxologue, Sexothérapeute.

Emmanuel FRANTZ-MERCADAL : Psycho-Sexo thérapeute, Ostéopathe et Executive Coach, Conférencier et Expert en Qualité de Vie au Travail.

Emmanuel FRANTZ-MERCADAL :

C’est passionnant de pouvoir assister à une période aussi riche, aussi exceptionnelle dans notre histoire personnelle et collective tel que le confinement. Nos vies ont radicalement changé, nous sommes pour beaucoup en télétravail, ou en chômage partiel, et le tout dans un espace restreint, voué normalement à l’intime, que nous devons partager avec notre travail. Certes les problématiques de territoires interpersonnels, les tensions et les conflits que cela peut générer sont importantes. Mais que dire de nos couples, de notre sexualité quand l’intime est ainsi envahi ?

Sandie BOULANGER :

Chaque expérience de vie est une opportunité de grandir, d’en faire quelque chose qui ait du sens… ou pas. Retrouver sa capacité de discernement, de décision et sa prise de responsabilités restent un enjeu majeur de cette situation extra ordinaire. Comment aller dans ces questionnements existentiels, jusque dans notre sexualité, ainsi perturbée?

Emmanuel FRANTZ-MERCADAL :

Je crois que c’est un sujet qui intéresse tout le monde. Dans les consultations nous rencontrons une réelle souffrance, et aussi un levier formidable pour reconquérir notre intime, notre estime. Alors imagine avec les contraintes du confinement. J’ai eu la chance pendant cette période qui prend fin (espérons-le …) de continuer en visio les consultations, et plusieurs cas étaient frappant. Le cas du patient ou de la patiente célibataire, avec des tentatives plus ou moins heureuse de faire comme si ce n’était pas un problème et au final une véritable souffrance. Le cas du couple qui avait perdu l’habitude de passer autant de temps ensemble et qui redécouvre l’autre avec difficulté d’une reprise non souhaité et parfois de belles surprises. J’ai eu malheureusement à accompagner aussi des patientes victimes de violences conjugales. Pas facile de trouver son équilibre intime dans ces configurations. Quand en plus vient se mêler le travail omnipotent dans l’espace confiné cela produit de véritables tensions. Ou peut-être des opportunités nouvelles ?

Sandie BOULANGER :

Je te rejoins Emmanuel. Un espace réduit qui a eu pour horizon une accélération des traits de personnalités jusque-là contenus ou canaliser par la riche activité du quotidien. Dans COVID, il y a “vide”. Un trop plein émotionnel qui vient boucher les failles. Les nouvelles opportunités sont accessibles lorsque notre attention est possible. Et pour cela, il faut se poser, en soi. Et là, pas simple d’accueillir toutes les facettes de l’humanité, jusqu’aux plus sombres. La sexualité est un passage à l’acte, un dialogue corporel sacré, si on y met ce sens. J’ai senti dans ce confinement, auprès de mes patients de plus en plus nombreux au fil des semaines, qu’il pouvait être effrayant de rester avec soi-même. Se pose la question du « Qui suis-je quand je ne fais pas ? », et beaucoup n’y étaient pas préparés, peu outillés. Alors la question du faire, réalisée par la sphère professionnelle, a plus clairement rejoint celle de l’intime, du sexe. Quels enseignements pouvons nous accueillir aujourd’hui ?

Emmanuel FRANTZ-MERCADAL :

“Qui suis-je quand je ne fais pas ?” J’aime beaucoup cette question dans une société du Masculin où faire est impérieux. Évidemment ça interroge notre intime, notre rapport à notre corps, notre rapport à l’autre dans l’intimité. Ceux d’entre nous en couple ont du se confronter à une nouvelle normalité, celle du “quotidien permanent”, petite variante du quotidien qui impose une présence absolue, confrontante. Ceux qui sont célibataire se sont vu dans l’obligation de composer sur une temporalité imposée, un vide qu’ils n’ont pas pu remplir comme d’habitude, et du coup cette confrontation au vide a dû faire bouger les mentalités ; nous le verrons progressivement apparaître des changements de comportements et de mentalités. Espérons que ce soit vers le positif que cela évolue, mais une chose est sûre, nous ne mesurons pas encore l’impact de cette crise, ni le traumatisme que cela va engendrer dans le temps. Et si notre sexualité était simplement le reflet de notre vision du monde ?

Sandie BOULANGER :

J’apprécie particulièrement ton questionnement de la sexualité comme le reflet de notre vision du monde. C’est effectivement un axe important dans ma pratique. J’avais écris, il y a quelques années , en arrivant naïve et vierge sur LinkedIn, un post s’intitulant “dis-moi comment tu bosses,je te dirai comment tu baises!”. Un pavé dans la marre, tu imagines. D’autant plus que le double sens du mot « baise » est amusant, entre un mot grossier et un romantique de bisou!

Depuis, je ne suis pas sûre que les consciences se soient beaucoup ouvertes à ce postulat qui me semble si révélateur. Mais attention ! Comme dans la compréhension de ses rêves, celle de ses fantasmes n’est pas à prendre au premier degrés !

Cela demande du recul (sans jeux de mot 😊), du questionnement, avec parfois même, l’aide d’un professionnel pour en comprendre le sens. À quoi cela sert-il? À faire tomber les masques (sans infraction aux gestes barrières!) pour se rapprocher de son authenticité. Être en équilibre entre ce que l’on fait, ce que l’on pense et ce que l’on dit.

Pourquoi? Pour accueillir ses émotions sans pétages de plombs disproportionnés et inappropriés. Ce qui favorise grandement la souplesse et l’adaptation aux multiples expériences de vie. Quels masques avons-nous pu découvrir dans le confinement, avec une perturbation du milieu professionnel, de la liberté, de la sécurité de base et de la sexualité?

Emmanuel FRANTZ-MERCADAL :

En tous les cas, c’est une des premières fois où il est autorisé, voir même normal, de pouvoir faire l’amour sur son lieu de travail !!!

 “dis-moi comment tu bosses,je te dirai comment tu baises!”, j’imagine bien le tollé sur les réseaux avec un titre si provocateur, les échanges ont dû être épiques. Et en même temps, effectivement la façon dont nous gérons notre corps, plus particulièrement notre façon de gérer notre sexualité, notre façon d’aimer émotionnellement et physiquement l’autre (et nous même par la même occasion) raconte beaucoup de notre caractère, de nos traumatismes, de notre personnalité.

Dans ce traumatisme collectif, je trouve que nous interrogeons beaucoup notre urgence de vivre, et surtout nos ressentis plus que notre mental et notre égo. L’absence de vie sociale nous a peut-être éloigné un temps de l’égo. Moins dans le paraître nous pouvons ré-investir notre intime, notre “moi”, et mieux vivre notre sexualité.

Sandie BOULANGER :

Oui, ré-investir notre intime, en passant par la troisième voie, celle qui sort du binaire: actif-passif, travailleur-chômeur, dominant-soumis… pour que ce « moi » sous aussi souple qu’un « je-nous », ou pas. À chacun ses responsabilités, ses prises de consciences, ses choix. Demain nous appartient, qu’allez-vous être ?

N’hésitez pas à commenter, soutenir, interagir dans le respect et la finesse que demande ce type de sujet ! bon déconfinement à tous, soyez prudents

CE SERA MIEUX APRÈS ?

 

Voici venu le temps où tout le monde parle de déconfinement, de cette libération remplie de promesses et d’engagements à ne pas faire comme AVANT, à bien comprendre ce qui s’est passé et donc choisir un meilleur APRES.

 

Une date est posée, puis remise en question, alors loin de ce tumulte, prenons donc ce temps pour nous interroger quelque peu sur ces notions et leurs implications dans la gestion de cette période si singulière :

 

“ C’est bon j’ai compris la leçon, je ne ferais plus comme avant, ça va être différent, ça sera mieux après !!”

 

Depuis quelques temps nous entendons et lisons toute cette dialectique autour du changement de monde, appelé de nos voeux bien sûr, mais qui semble souvent considéré comme acquis et certain.

Ne négligeons pas cette libération, cette joie de pouvoir bientôt retrouver une vie plus ouverte, c’est vrai que ça va être un grand moment à vivre, mais d’un côté nous entendons depuis notre toute tendre enfance “c’était quand même mieux avant” et depuis quelques temps une petite musique étrange disant l’inverse, “ce sera forcément mieux après”, étrange et paradoxal non ?

 

Notre volonté de construire un monde meilleur est là ; ce rêve, ce fantasme qui déjà avait révolutionné la société dans la fin des années 60, revient en force cette dernière décennie. Pourtant ce n’est pas la même époque, pas le même contexte. Quelque chose de plus réaliste, de plus pragmatique flotte, l’idée que ce rêve n’est peut-être pas si utopique. Je serais tenté de dire que nous avons collectivement et probablement inconsciemment pris conscience que nous devions faire face au sacro saint “principe de réalité” pour que ce rêve puisse véritablement prendre vie. J’assimilerai ça à une maturité collective, et c’ests un signal très encourageant pour notre futur.

 

Prendre en compte les besoins primaires de l’individu, de l’entreprise, de la société, de la planète et même de l’univers pour construire ensemble un monde meilleur. Alors comme tout changement il entraîne dans un premier élan une résistance au mieux et au pire un rejet. Cette QUALITÉ de vie, qu’elle soit au travail ou même dans la vie personnelle est l’enjeu de notre époque. La diminution du temps de travail dans un premier temps, le raz de marée du développement personnel, et plus récemment la bascule de l’aménagement de la qualité de vie au travail, même du bonheur au travail avec cette perpétuelle quête de sens ; toute cette R-É-volution bouleverse notre vie, notre état d’esprit et ceux qui ne l’ont pas compris sont ou seront confrontés rapidement à ce fait de société.

La violence des changements sera égale à notre capacité à absorber ces nouveaux concepts.

 

Lorsqu’une crise sanitaire de cette importance émerge, doublée malheureusement par une crise financière qui n’en sera pas moins mondiale, il y a fort à parier que nous ne pourrons plus jamais faire comme avant.

Ne pas faire comme avant ne veut pas nécessairement dire que nous allons faire mieux, cela signifie que nous allons devoir réinventer nos fonctionnements sociétaux avec une docilité de la population moindre, des résistances accrues et une subversion inévitable et plus marginale.

 

Ces dernières années ont vu émerger le sempiternel “c’était mieux avant” scandé par les nostalgiques de tout poils qui omettent avec plus ou moins de mauvaise foi les immenses progrès que notre civilisation a amené dans les domaines de la science, de la connaissance, de la communication et de la conscience. Dans cette société incroyable dans laquelle nous vivons, ce n’est plus l’absence d’information qui nous rend aveugle, c’est bien au contraire l’abondance d’information qui nous fait perdre de vue ce concept structurant qu’est le “libre arbitre”.

Apprenons nous de nos erreurs ?

 

C’est le fonctionnement normal de notre cerveau, ce mode expérientiel qui finit par apprendre de ses échecs, de modifier de manière substantielle notre comportement individuel et collectif : ça c’est certain ! Et pourtant en marge de mon optimisme légendaire, il est important de comprendre que la temporalité de l’univers n’est pas toujours la même que celle du quotidien. Nous ne sommes pas sûr d’apprendre ce coup-ci, nous ne sommes pas à l’abri que bon nombre de nos concitoyens aient compris et intégrés le nouveau monde et d’autres pas du tout. Il est possible que les individus incarnent ce changement et que les entreprises, les institutions et les pays n’aient pas pu ou voulu acter ce changement.

 

Alors que faire pour ne pas se planter pour demain ? Que faire pour prendre notre part active dans ce changement de société ? Quelle pierre à l’édifice pouvons-nous poser pour reconstruire ce monde autrement ?

 

D’abord fixer ensemble les grands objectifs de demain, poser notre intention profonde, le monde que nous voulons voir émerger. Cette intention est la plus puissante dans le processus et compose véritablement notre colonne vertébral, notre ADN.

 

Ensuite se concentrer sur le “ICI et maintenant” ; cette ôde à la présence au présent est un véritable présent à la vie, à soi. Se concentrer sur aujourd’hui, c’est le début de notre demain, c’est la meilleure manière de ne pas passer à côté de ce que l’univers nous propose.

 

Alors ça y est, nous y sommes, à l’aube du 11 mai, cela deviendra-t-il une fête nationale ? ou un pétard mouillé qui fait pschitt ? Étrangement, dans les patients que j’accompagne, les dirigeants et les collaborateurs, je ne retrouve pas l’impatience à laquelle je m’attendais. Beaucoup, presque une majorité, ne sont pas du tout pressé de reprendre le chemin du “avant”, de leur vie “normale”. Après la sidération, la résignation et la colère, nous avons constaté une véritable acceptation, l’envie de tirer le meilleur de cette crise que nous subissons.

 

Ne prenons pas notre mal en patience, mais plutôt notre bien en urgence, et allons-y construisons ce futur que nous avons rêvé, c’est de notre responsabilité.

 

“Travail à domicile” ou “Domicile au travail” ? #confinement

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Réflexions et Conversation d’une DRH et d’un Coach, tous deux thérapeutes, autour d’une bascule sociétale de l’organisation du travail.

 

Emmanuel FM : Depuis le début de ce confinement, que l’on soit réticent au télétravail, ou un fervent défenseur de ce mode de travail, d’un coup la donne à changé. En dehors des professions qui n’ont aucune possibilité d’exercer leur métier chez eux, sans recevoir physiquement du public ou à construire des biens matériels, tout le monde a dû s’adapter.

 

Ce n’est pas qu’une bonne nouvelle. C’est à coup sûr une nouvelle ère qui s’annonce, il y aura un avant et un après, impossible maintenant de dire que ce n’est pas possible, que ce n’est pas efficace, nous assistons à l’inversion de la normalité dans la répartition entre la vie intime et la vie au travail.

 

Emmanuelle N : Se pose la question des frontières entre l’activité professionnelle et la vie personnelle. Hors télétravail, c’est facile, la frontière c’est le déplacement, que ce soit en métro, en vélo, en voiture (électrique bien sur) ou à pied. C’est une frontière-espace et une frontière-temps qui ne permet pas le mélange de l’espace-temps travail et de l’espace-temps perso. Pour beaucoup, ce temps est nécessaire pour opérer la bascule cognitive qui permet la centration sur l’activité : je “laisse” le travail au travail et les soucis perso à la maison. 

 

En télétravail, cette frontière espace-temps n’existe plus, pas de manière tangible, et les risques sont multiples : empiètement voire invasion (le travail prend de l’espace réservé ordinairement à ma vie perso), contagion (le travail continue de “tourner” dans ma tête même après avoir fermer mon ordinateur), confusion (les activités ne sont pas délimitées et se chevauchent sans cesse, en particulier en présence d’enfants).

 

C’est à nous de recréer une frontière espace-temps. Une frontière, c’est une barrière, c’est aussi un point de passage, que nous pouvons donc réguler, comme un douanier. A nous de trouver des rituels qui nous permettront de marquer cette frontière, parfois de la fermer. 

 

Emmanuel FM : Effectivement, j’ai déjà abordé cette répartition territoriale, et quelques règles à mettre en place pour éviter que les conflits ne s’ancrent dans le quotidien. Ce qui me paraît singulier ici, c’est l’inversion de la normalité, de l’empiètement … Comme beaucoup d’autres personnes, et même si nous ne confinons pas ensemble, nous constatons des effets semblables ; l’intensité de notre travail, la concentration, se conjuguent assez mal avec une vie de famille, les devoirs les enfants, l’intendance, et ne pas négliger non plus l’impact psychologique d’un confinement prolongé.

 

Le domicile et toutes ses contingences s’invite au travail, dans les réunions et/ou entretiens en visios, il n’est pas rare d’entendre un bruit de casserole qui tombe, un enfant qui pleure, le chien qui attend l’attention de son maître ou mieux encore le chat qui s’installe copieusement sur le clavier !!! et je ne parle la que de ce qui est soft.

 

La normalité est ce domicile, lieu devenu permanent, et comme tu disais cette frontière si difficile à mettre en oeuvre physiquement, change totalement et bien plus profondément que l’on pense notre rapport au travail. Ma conviction est que c’est un point de non retour avec près de 2 mois de confinement stricte, et sans doute une période prolongée plus floue.

 

Emmanuelle N : le changement que j’y vois déjà, c’est l’humanisation des relations entre collègues. Ces irruptions impromptus dans les “call” ou les visio nous donnent à voir l’intime de notre collègue, et l’on se confie un peu sur notre environnement “c’est mon chat”, “c’est mon garçon”, “ah oui il a quel âge?”. 

Et puis souvent, lorsqu’on commence un échange, on prend d’abord des nouvelles de l’autre, comment il vit cette période, et là aussi ce sont parfois des choses personnelles qui se partagent, qui en temps habituel ne sont pas toujours partagées. Cela crée un lien particulier avec nos collègues, notre équipe. 

On est un peu chez eux, ils sont un peu chez nous ! Je sens que lorsque je vais retrouver mon équipe, il y aura quelque chose de cette proximité qui restera entre nous. 

 

Emmanuel FM : En fait, j’ai pu m’apercevoir dans mon entourage, que les inégalités s’étaient accrues véritablement dans le cadre du travail au domicile, notamment entre les hommes et les femmes. Surtout chez les cadres dirigeants que je côtoie le plus. Les hommes qui sont à ces postes là sont souvent dégagés des responsabilités et ne se préoccupent pas nécessairement des problématiques d’intendance. Très souvent ils ont de la place chez eux, ou même ont pu partir dans leur maison de campagne, et enfermés toute la journée ne sont que peu dérangés. 

Même si ce n’est pas la situation la plus agréable, que dire des cadres moyens, qui n’ont pas de maison de campagne, un appartement en ville rationnel, fonctionnel et rarement spacieux, lumineux et avec des extérieurs. Je ne parle même pas de ceux qui commencent leur carrière ou les étudiants qui logent dans des logements particulièrement étroit où d’habitude ils ne passaient que leurs nuits … 

 

Ceci dit, un des bénéfices secondaires, c’est qu’il y a une prise de conscience de ces inégalités, une prise de conscience de ces contingences, et quelque part c’est forcément une avancée. 

 

Ce qui me frappe le plus, c’est que pour le moment, peu d’entreprises, et peu de dirigeants ont pris conscience que nous ne pourrons jamais revenir comme avant. Personne à ce jour ne sait quel impact réel cette crise sanitaire et bientôt économique va avoir sur tout une génération. Nous n’avons pas fini d’en parler !!!

 

A nous de faire en sorte que cet impact, cette transformation forcée deviennent vertueuses, positives et que l’ensemble de l’humanité replace ses priorités à leur juste place. Bon je te l’accorde c’est un brin utopiste.

 

Emmanuelle N : je pense que la prise de conscience d’un point de non-retour, et d’un après qui ne sera plus jamais comme avant est en train de se faire. Elle se fait dans l’incertitude de ce à quoi ressemblera cet après, incertitude qui peut générer de l’angoisse. Et je suis d’accord avec toi, c’est aussi l’occasion de redessiner, de se questionner sur nos gros cailloux, nos essentiels, et comment nous avons envie de vivre cet après. 

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ALERTE INTRUSION #confinement

« STP ne rentre pas dans mon espace vital !!! »

 

Au cours de mes consultations, surtout ces dernières semaines, la description de certaines relations me font réfléchir sur les rapports entre les êtres humains.

 

« Je ne supporte plus son caractère intrusif… Je me sens étouffé. Il ne me laisse pas respirer ! C’est insupportable d’être envahi comme ça !! Lâche moi un peu ! Je ne me sens pas respecté. Je ne suis plus moi-même ! »

 

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Et si nous considérions autrement que d’un point de vue réactionnel, les relations entre les hommes et les femmes, entre les pays, entre les religions, entre les partis politiques ?

 

En fait, comme beaucoup d’espèces vivantes l’homme est un animal très territorial.

 

Qu’est-ce que cela signifie au juste ?

 

C’est simple à comprendre lorsqu’il s’agit de deux pays frontaliers. C’est même la genèse de beaucoup de conflits dans le monde depuis la nuit des temps.

 

« Il a envahi mon territoire, il a mis un pied chez moi, c’est lui qui a commencé …. »

 

Si l’on visualise ce territoire d’un point de vue géographique, la compréhension est simple. Mais étrangement les conflits eux ne le sont pas. D’abord parce qu’il n’est pas toujours aisé de voir et d’appréhender l’instant ZERO où tout a commencé, et puis parce que cela met en  en scène, des territoires autres que purement géographiques, spirituels ou politiques (les religions et/ou les pouvoirs en places). La plupart du temps c’est même encore plus complexe car il s’agit de territoires symboliques, donc plus difficile à distinguer.

 

Ce concept est particulièrement riche et passionnant dans la répartition du travail dans une entreprise, le partage du pouvoir et l’efficacité de l’action … Mais « LE » sujet du jour est plus sensible encore car il nous parle de la répartition de tous ces types de territoires dans un lieu clos et fixe contraint : le CONFINEMENT !!!

 

Le confinement est finalement comme une immense expérience de laboratoire, à grande échelle qui va révéler nos névroses, réveiller nos traumatismes passés et surtout éprouver nos peurs les plus profondes qui, transformées en angoisses, vont se confronter à la présence de l’autre dans la relation intime (couple, famille, amis ou colocataires).

 

Nos habitudes sont déstabilisées par le simple fait de reconsidérer brutalement les règles du jeu, les règles du JE. Nos comportements automatiques sont habituellement régis par la certitude d’un départ certains de cette zone territoriale pour aller travailler, pour aller se balader, pour aller s’occuper à l’extérieur. Ces changements de rythme sont comme des respirations individuelles qui permettent de se régénérer.

 

Et d’un coup cela n’est plus possible, l’espace certes intime mais transitoire devient PERMANENT et contraint.

 

Pire, le travail ne fait plus seulement que s’inviter dans l’espace intime. Pour beaucoup de gens qui télétravaillent avec intensité, c’est carrément le domicile qui s’invite au travail et c’est l’intime qui nous envahit, et envahit l’AUTRE ! Nous en parlerons dans un prochain article…

 

Existe-t-il des solutions pour éviter l’intrusion, pour éviter l’implosion, pour éviter l’explosion et donc le conflit ?

 

Nous en parlions dans l’article précédent, sur le crash test relationnel, un certains nombres de règles vont être indispensables pour sauver la situation avant qu’elle ne dégénère.

 

  • RENDRE EXPLICITE CE QUI EST IMPLICITE
  • METTRE DES LIMITES CLAIRES
  • REDEFINIR LES TERRITOIRES
  • REDEFINIR LES TACHES PRATIQUES
  • METTRE EN PLACE UNE SORTE DE REGLEMENT INTERIEUR
  • CREER UN ESPACE DE DIALOGUE
  • CREER DES SAS DE RECUPERATION SEUL

 

Cette vision peut paraitre très cerveau gauche, process, voir rigide. En fait c’est déjà bien établit depuis longtemps. Les expériences de ce types ne sont pas nouvelles, l’exemple le plus contemporain et fort est l’entrainement qu’on put subir les cosmonautes pour se préparer à un vol long dans l’espace.

 

Cela oblige à travailler dans un même temps l’autonomie de l’individu et aussi sa capacité à cohabiter avec les autres dans un environnement contraint.

 

Donc si vous avez l’impression d’être envahi, d’être oppressé, de ne pas être respecté posez-vous les questions :

 

  • Ai-je mis en place les limites ?
  • Ai-je correctement exprimé mes ressentis ?
  • Quelles peurs cela vient il réveiller chez moi ?
  • Comment je peux déjà agir de mon côté pour améliorer la situation ?

 

Et finalement c’est la clef de cette période, qu’est-ce que je peux faire à mon niveau pour améliorer la situation ?

  • La situation intime, dans le foyer avec les autres ou moi-même lorsque je suis seul ;
  • La situation professionnelle, pour ne pas laisser l’entreprise envahir la sphère intime ;
  • La situation collective en respectant des décisions politiques et médicales qu’il sera utile dans un second temps de discuter mais qu’il convient de respecter aujourd’hui.

 

Se poser ces questions c’est déjà une partie de la réponse et donc de l’évitement du conflit !!

 

Bon courage à vous tous (courage = agir avec cœur)

 

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CRASH-TEST RELATIONNEL #confinement

Crash-Test-coupleCette période de confinement est un incroyable CRASH TEST grandeur nature pour les couples nouveaux, mais aussi pour les anciens. Parfois nous pouvons passer une vie entière de couple sans avoir véritablement vécu ensemble. Des activités professionnelles prenantes, l’éducation et la gestion des enfants, les activités sportives ou loisirs qui peuvent prendre une partie du we et des vacances, une sorte d’hyperactivité qui empêche ou évite (selon l’intention réelle) de trop se confronter à l’autre. Et nous constatons souvent un taux de divorce au moment de la retraite, où d’un coup les deux personnes du couple sont « obligées » de vivre 24/24h ensemble.

Cette pandémie est en quelque sorte un accélérateur, ou un révélateur de divergence, ou au contraire une confirmation de la solidité de la relation.

 

Alors que faire ? Dans quel cas devons-nous être vigilants ?

 

Ce CRASH TEST est encore plus explosif et dangereux (classé SEVESO 27) dans le cas d’une famille complète et, spécificité moderne, encore plus avec les familles recomposées.

La promiscuité et/ou l’isolement dans les logements en ville rendent le tout particulièrement invivable au-delà de 2 semaines.

 

Alors oui, d’ici quelques jours nous allons entrer dans une période où l’exceptionnel va devenir banal, presque normal. Ce NEW NORMAL, va donc inévitablement engendrer des tensions (et un re-basculement à l’identique après le confinement risque aussi de générer des tensions, probablement).

 

De manière très surprenante, cette situation de difficulté relationnelle existe tout autant pour un individu confiné seul dans son appartement. C’est le moment où tous les coachs de la terre nous enjoignent à retrouver notre intériorité, d’aller à l’essentiel.  Je suis bien sûr en accord sur le principe avec cela, néanmoins, et sans jugement, nous devons aussi prendre en compte les situations différentes de chacun, le télétravail qui permet de sauver ce qui est sauvable et notre capacité de rebond pour faire face à la crise.

Nous devons également tenir compte de la capacité de chacun à faire face à soi-même, parfois pour la première fois et de manière contrainte, avec tout ce que cela peut amener comme bouleversement interne et questionnements existentiels.

 

Je vous propose donc ces quelques conseils simples pour éviter ce crash et réussir votre période d’essai ou ce test grandeur nature. Ce sont des propositions et surtout pas des affirmations péremptoires. Cela peut simplement vous amener à réfléchir et faire évoluer en conscience nos comportements relationnels, et peut-être confirmer nos bonnes pratiques.

 

Quelques conseils pour éviter ce crash :

 

  • Prévoir des périodes de calme sans interaction avec les autres et sans isolement excessif, car il est normal de ne pas vouloir se parler tout le temps, ne pas souhaiter être en permanence en relation, ne pas être sous le regard de l’autre.
  • Avoir une répartition du territoire de l’appartement ou de la maison très explicite, même une répartition de journée (travail) et une répartition différente plus récréative le soir et le we. En fait d’avoir un espace à soi mais variable en fonction de l’activité et du moment.
  • Avoir une répartition de la temporalité de la journée, trouver un rythme, s’y tenir et encore mieux le communiquer à l’autre et aux autres membres de la famille
  • Surtout important de ne pas négliger le corps dans tous ces aspects, les besoins fondamentaux comme le sommeil, la nourriture, l’activité physique à l’intérieur et ceux qui le peuvent à l’extérieur également ; privilégier un rapprochement physique dans le couple en prenant du temps pour re-découvrir l’autre.
  • Accepter la différence de situation et de rythme de tout le monde sans jugement, nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne.
  • Mettre en place des Conseils de famille ou points réguliers pour que la parole puisse circuler, avec des temporalités différenciées pour les moments positifs et valorisants et des moments spécifiques pour gérer les conflits et pour le couple des moments de dialogue rituels
  • En résumé, la grande règle de communication toujours valable plus que jamais :

« rendre explicite ce qui est implicite »

… sans laisser l’interprétation à l’autre, en évitant les suppositions et surtout en ne prenant pas les choses personnellement. En somme dire plutôt que taire, montrer plutôt que cacher sans jugement, en conscience et empathie.

 

Bonn confinement à vous.

 

Emmanuel

 

PS : N’hésitez pas à interagir et donnez également vos astuces pour gérer le confinement.

 

 

Développement Psychomoteur du jeune enfant

Je reprends pour vous un article publié dans la revue de l’Académie d’Ostéopathie de France il y a de cela quelques années, pour les professionnels de santé ou de la petite enfance qui ont l’occasion de prendre en charge de jeunes enfants afin de les aider à mieux comprendre les enjeux d’un bon accompagnement. 

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 » Résumé :

Nous abordons les conditions favorisant un bon développement psychomoteur chez le jeune enfant et particulièrement la relation que ses parents construisent avec lui dans un environnement adéquat. Le respect de l’évolution tonique de l’enfant, de sa maturité neurologique et le fait de faciliter la découverte de son corps, lui permettent d’acquérir un épanouissement et une aisance corporelle. Nous décrivons par paliers d’âge la situation de l’enfant dans ses acquisitions motrices, dans la conscience qu’il a de son corps et dans sa capacité relationnelle.

 

Mots Clés :

Développement psychomoteur, Maturation neurologique, Sécurité affective, 0-3 ans, Motricité globale, Motricité fine, Construction corporelle, Tonus, Éveil.

 

 

Introduction

Un enfant grandit et se développe de manière harmonieuse si son environnement lui apporte à la fois un climat affectif rassurant et des stimulations adaptées. L’intégrité physique et particulièrement celle de son système nerveux, est la condition première d’un développement psychomoteur normal.

L’enfant grandit également, soutenu par la pertinence de la prise en charge des professionnels de la petite enfance et de leur connaissance des étapes normales de son développement. L’ostéopathe, acteur de plus en plus présent dans ce domaine, doit avoir une connaissance spécifique de ces patients si particuliers.

Qui faire intervenir ? Le traitement ostéopathique respecte-t-il toujours l’équilibre psycho-émotionnel de l’enfant ? Des questions auxquelles nous allons tenter d’apporter des éléments de réponse.

L’étude des conditions nécessaires à un bon développement et des différentes étapes de vie du jeune enfant ( jusqu’à trois ans), vont permettre à l’ostéopathe de mieux comprendre son patient, d’adapter son traitement et ainsi de mieux appréhender les éléments qui perturbent son évolution.

Stabilité et sécurité affective

Le sentiment de sécurité interne d’un enfant se construit peu à peu, grâce à la relation avec sa mère, à ce lien bien particulier d’attachement. C’est parce qu’il va vivre une relation chaleureuse, fiable et stable avec ses parents, que l’enfant va acquérir un sentiment de protection et de sécurité dans son corps, puis plus tard dans la vie [1]. Ce lien est le moteur du développement de l’enfant. Il lui permet de déployer ses capacités communicatives par les outils sensoriels et moteurs. Cela le conduit pas à pas vers l’ouverture au monde dans un processus d’autonomie.

Ses parents jouent un rôle primordial dans sa construction affective, et les professionnels intervenant dans le système de garde à leurs mesures aussi. C’est parce qu’un bébé va vivre une succession de moments qui se répètent quasiment à l’identique chaque jour, dans le même ordre, qu’il va pouvoir anticiper le moment à venir et ainsi se mettre à penser [2].

L’univers du bébé est tout d’abord sensoriel. Le bébé trouve et retrouve, reconnaît sa mère par les sens. C’est elle qui donne un sens à l’environnement en lui prêtant ses propres qualités sensorielles. Elle « mamaïse » l’espace [3]. L’espace de vie, empreinte affective et protectrice des parents, va permettre à l’enfant d’évoluer dans un environnement rassurant.

Le nouveau-né est dans un univers chaotique. Il est soumis à des sensations internes qu’il ne comprend pas, comme la faim, mais aussi à des sollicitations sensorielles externes. Les parents donnent sens à ces émotions en y mettant des paroles. Ils lui permettent ainsi de mieux comprendre son monde interne et de rendre cohérent son environnement. Ce processus participe à l’élaboration du sentiment de sécurité interne de l’enfant et à la confiance qu’il aura en lui-même.

Intégrité corporelle et développement moteur de l’enfant

Le développement moteur de l’enfant dépend principalement de ce que l’on appelle la maturation neurologique. C’est en fait la prise de contrôle peu à peu de la motricité volontaire par le démarrage du système nerveux pyramidal sur la motricité anarchique du nouveau-né [4]. En effet, le nouveau-né arrive avec un système nerveux immature qui se traduit par une motricité non contrôlée et des réflexes archaïques. Ces réflexes sont signes de bonne santé, et doivent disparaître dans les premiers mois de la vie. Ces derniers, en particulier le réflexe de Moro[1], peuvent mettre l’enfant dans un état corporel inconfortable voire d’insécurité [5]. Pour l’éviter, il suffit de prévenir le bébé par le regard et la voix avant de le prendre, et de soutenir son axe par la tête et le bassin [6].

À la naissance, l’enfant a un capital neuronal maximum. L’évolution neurologique, ou maturation neurologique, va se porter sur le lien synaptique, et sur la myélinisation. En début de vie, seuls les circuits neuronaux permettant à l’enfant de vivre et assurant les fonctions vitales, sont en place (système respiratoire, système cardiaque, etc). Les autres circuits vont se développer grâce au processus de myélinisation [4]. Il se fait dans deux sens bien précis et permet l’évolution du tonus. Le bébé naît avec une hypotonie axiale et une hypertonie des membres, ce qui explique son attitude en grenouille à la naissance. Le tonus axial s’installe peu à peu par la tenue de la tête, la station assise, puis la station debout, suivant la loi céphalo-caudale*. Parallèlement, le tonus progresse du centre du corps vers la périphérie et la motricité fine suivant la loi proximo-distale*. Cette progression du tonus, bidirectionnelle, est identique pour tous et programmée de manière génétique. Mais le rythme des acquisitions varie d’un enfant à l’autre. C’est ce qui explique les écarts d’âge pour l’apprentissage de la marche par exemple [5].

Le développement moteur suit la même séquence chez tous les enfants, et est intimement lié à la maturation du système nerveux. Rien ne pourrait faire marcher un enfant tant que son système nerveux n’est pas prêt. C’est également ce qui nous amène à respecter le temps nécessaire pour la maturité neurologique et psychologique.

La structuration du cerveau dépend de l’interaction avec l’environnement. Les gènes déterminent un potentiel, et c’est la rencontre avec l’environnement qui permet l’expression de ce potentiel. En effet, il existe des circuits neuronaux qui s’activent sur l’influence de stimulations. Les apprentissages se font de manière privilégiée à des périodes particulières du développement ; c’est la notion de périodes « sensibles » [4].

Développement psychomoteur de l’enfant

de 0 Á 3 ans

De la naissance à deux ans, l’enfant est dans une période d’expérimentation sensorielle et motrice : c’est la sensori-motricité [7]. L’intelligence sensori-motrice est vécue, nullement réflexive [7]. Elle repose sur les informations fournies par les sens et le corps en action, par les perceptions et les mouvements.

Elle s’intrique dans le développement psychomoteur, et se construit de manière progressive, par étape, les unes étant les bases des autres.

De 0 à 9 mois

à la naissance, le bébé est en symbiose et dans un état de dépendance absolue vis-à-vis de sa mère. Tout est flou et confus, il ne différencie pas ce qui vient de lui de ce qui vient de sa mère. Il est dans un univers sensoriel et parcellaire [8] .

Lors de son premier mois de vie, le bébé n’aime pas être nu [9]. Dénudé, il pleure, s’agrippe et se contracte. Il a grandi neuf mois dans une « bulle liquide », et se retrouve maintenant dans un espace immense. Il a besoin d’être enveloppé. Il est soumis à des expériences corporelles qui peuvent être angoissantes : angoisse de chute, absence d’orientation corporelle, angoisse de morcellement [8]. Pour lutter contre ses angoisses, le bébé a besoin d’être porté et rassuré par un corps à corps, de se sentir tenu physiquement et psychiquement. Le contact corporel, mêlant les sensations tactiles, thermiques et kinesthésiques, est un moyen communicatif de base dans la dyade mère/enfant. La mère transmet à son enfant ses états de tension ou de détente, par des modifications toniques traduisant ses affects. En réponse, l’état tonique du nourrisson varie, le bébé communique ses émotions et son état interne : c’est le « dialogue tonique » [10].

Le bébé n’a de lui-même, comme du monde qui l’entoure, qu’une conscience fragmentée. Les différentes parties de son corps sont sans rapport entre elles. Le bébé vit un premier sentiment de rassemblement corporel avec la coordination main/bouche. Au fur et à mesure de l’évolution de ses coordinations motrices, le bébé va se dégager progressivement de son angoisse de morcellement [10].

Durant la première année, le nourrisson va découvrir peu à peu son corps.

Les premiers jeux du bébé sont les jeux du corps. Il joue avec sa voix, sa bouche, découvre ses mains et plus tard ses pieds. Ces découvertes successives lui font vivre des moments de rassemblements corporels, l’amènent à prendre conscience de son corps, mais aussi du corps de l’autre et l’aident à se différencier petit à petit de sa mère.

Motricité globale

La maturation neurologique va permettre à l’enfant de coordonner peu à peu ses mouvements, et de se déplacer. Il est important de laisser se mouvoir l’enfant au sol, tout danger écarté.

Il va découvrir ainsi des possibilités de déplacements : se retourner, ramper, marcher à quatre pattes…

Plus l’enfant répète un mouvement, plus il est maîtrisé. L’enfant acquiert peu à peu une habilité corporelle. Il est essentiel de ne pas forcer le rythme tonique d’un enfant. En effet, il lui est très fatigant de tenir son axe avant sa maturité neurologique. Si un enfant est mis assis, il est important de lui fournir un appui dorsal non contraignant lui permettant de se sentir en sécurité et de se dégager de cette position, comme par exemple un coussin mou. Le but est de penser l’environnement, de l’aménager en fonction de son développement, et de proposer à l’enfant des sollicitations indirectes dont il se saisira au moment où il est prêt.

On peut l’inviter à de nouvelles expériences motrices en plaçant des obstacles sur son passage. Le but est d’accompagner l’enfant dans son développement psychomoteur, à son rythme, et favoriser la découverte de son corps et la liberté de mouvements.

Il est à ce titre pertinent de s’interroger quant à l’utilisation prolongée de certains objets courants de puériculture et au nombre d’heures qu’un bébé peut passer immobile dans un « transat », ou pire dans un « maxi-cosy », dont la coque rigide favorisera l’apparition de déformation crânienne. Rappelons, que le « maxi-cosy » est fait avant tout pour le transport d’un bébé en voiture, et ainsi résister à un potentiel accident. De même, l’utilisation d’un « baby-trott », outre le fait qu’il est souvent utilisé avant que l’enfant ne soit capable de tenir la position debout seul, l’empêche de découvrir par lui même son équilibre, et surtout le fait de pouvoir assimiler le passage de cette position debout à la position assise. Son utilisation excessive peut avoir des répercussions sur la qualité de la marche, et peut empêcher l’enfant de maîtriser le processus dans son ensemble (chutes plus fréquentes, raideur des jambes).

Motricité fine

Parallèlement à l’évolution de la motricité globale, des mouvements plus précis et fins apparaissent.

L’intérêt de l’enfant se porte sur les objets extérieurs avec l’acquisition de la préhension. La première phase de cette préhension est le toucher. Le bébé attrape l’objet qu’on lui met dans la main. Ensuite, vers 6 ou 7 mois, l’enfant regarde ce qu’il attrape, et le porte à la bouche. Il exerce ainsi la coordination oculo-manuelle [11].

Pour faciliter la préhension, les hochets doivent être légers, faciles à saisir et de petite taille (morceau de tissus, anneaux, …). Les jeux des premiers mois sont des jeux d’éveil sensoriels faisant appel aux capacités perceptives de l’enfant ; le toucher, la vue, l’ouïe.

La préhension s’enrichit : l’enfant fait passer un objet d’une main à l’autre, puis il peut attraper un objet dans chaque main. La préhension s’affine avec la participation de plus en plus précise du pouce et l’acquisition de la pince (9 mois) [11].

L’utilisation du « portique d’éveil », limite l’enfant dans la qualité de la manipulation de ces objets ; il ne peut pas les porter à la bouche, les faire tomber, les tourner ni les passer d’une main à l’autre. De plus, le positionnement du portique peut également limiter l’enfant dans ses mouvements de retournement. Il peut même amener le bébé, lorsqu’il est placé trop loin au-dessus de sa tête, à une position d’hyper extension cervicale.

Enfin, le portique impose à l’enfant un champ visuel restreint et parfois pendant un long moment.

De 9 à 12 mois

L’acquisition de la permanence de l’objet

L’enfant se constitue peu à peu une image de sa mère, lorsqu’elle est absente. C’est le début de la permanence de l’objet, et d’un long chemin dans le processus d’individuation. L’enfant prend conscience progressivement qu’il est séparé et différent de sa mère [12]. La permanence de l’objet est une étape primordiale au niveau psychique et cognitif. C’est la certitude que l’objet absent et disparu de son champ visuel, existe toujours. L’objet est évidemment tout d’abord sa mère. À travers les jeux de « coucou » si importants, le nourrisson expérimente, vérifie et intègre les notions d’absence et de présence.

L’acquisition de la station assise offre une possibilité accrue d’exploration manipulatoire. L’enfant développe de plus en plus la manipulation fine. Plus il saisit de petits objets, plus il développe la maturation de ses commandes motrices et donc son habileté manuelle.

Le mouvement prend sens et se fait dans un but ou une intention ; c’est le début de l’activité praxique* [11]. L’enfant expérimente sur un objet ses derniers mouvements acquis : il secoue, frotte par terre, frappe, etc.[7] Le mouvement prend une valeur de communication à travers l’apparition d’imitation de gestes simples (au revoir, les marionnettes, les applaudissements). Cela devient une source de jeux et d’échange avec l’entourage.

Le nourrisson commence à lâcher les objets de manière volontaire, et joue ainsi à les faire disparaître.

De 12 à 18 mois

Maîtrise de son corps

L’occupation constante de l’enfant, dans sa deuxième année, est l’exercice de sa motricité. C’est la période des grandes acquisitions motrices. Avec l’apprentissage de la marche, l’enfant va jouer avec cette nouvelle maîtrise du corps.

La marche est une étape primordiale dans le processus d’individuation. Elle aide l’enfant à se différencier du monde environnant, et unifie la représentation de son corps. Elle lui procure un sentiment jubilatoire associé à un hédonisme musculaire [13]. Il prend plaisir à bouger et à exercer son équilibre. Il s’enhardit dans ses expériences motrices et part à la conquête de l’espace. Il vit des notions de perspective, de profondeur, de longueur et de hauteur. Il découvre l’espace à trois dimensions.

L’enfant a véritablement besoin de grimper, monter les escaliers, courir, pousser, tirer (cartons, poussettes), et le répète inlassablement.

La nouveauté intéresse l’enfant pour elle-même. Il est dans le concret. Il tâtonne, expérimente de manière active et curieuse. Il découvre par son corps tout ce qui l’entoure et aussi les lois physiques qui régissent la vie dans notre système [13]. Il a besoin d’exercer des possibilités d’expérimentations qui sont à la base de la construction du raisonnement.

L’enfant intériorise les premières notions spatiales de dedans/dehors à travers les jeux de vider/remplir. Il expérimente la notion de quantités par des jeux de transvasement (jeux d’eau et de sable).

Enfin, ses activités s’enrichissent et s’organisent.

De 18 à 24 mois

Dans cette période charnière, l’enfant commence à se détacher de ses perceptions, et de ses actions présentes. Il a construit une image permanente de l’objet ; il en découle des représentations mentales qui s’expriment à travers les premiers jeux d’imitation différés* et l’évolution du langage. L’enfant découvre le langage comme moyen d’expression, mais aussi comme moyen de maîtrise des objets qu’il désigne.

C’est la période où l’enfant prend conscience de « son unité corporelle », à travers le fameux « stade du miroir » de Lacan [12,15]. Dans un premier temps, l’enfant perçoit son reflet dans le miroir comme un être réel qu’il tente de saisir. Ensuite, il comprend que le reflet n’est qu’une image mais il ne la reconnaît pas encore comme étant la sienne. Il accède à l’aspect virtuel de l’image. Enfin, l’enfant comprend que cette image est la sienne, et qu’elle le représente. Il entre dans le symbolique. L’enfant se reconnaît dans le miroir lorsqu’il désigne son image par son prénom. L’enfant se vivait morcelé, il se voit maintenant entier.

Cette étape précède le sentiment d’unité de sa personne qui se traduit par l’acquisition et l’utilisation du « je », et est fortement structurante pour le développement psychique. Rappelons que le premier miroir est avant tout le regard maternel, à travers lequel l’enfant se construit [14].

De 24 à 36 mois

L’intelligence symbolique devient prépondérante. L’enfant sort de l’intelligence sensori-motrice pour entrer dans l’intelligence pré-opératoire*. Il fait appel à des représentations et combinaisons mentales. Les jeux symboliques permettent à l’enfant de comprendre le monde des adultes qui l’entoure ; ils le soutiennent dans le déroulement de sa pensée. Ils lui permettent surtout d’exprimer ses désirs, ses émotions, ses préoccupations et son agressivité. L’enfant maîtrise ses angoisses en rejouant une situation pénible dans un rôle actif. Il ne subit plus. Jouer est une expérience créative et soutient l’imaginaire de l’enfant [14].

Les jeux symboliques utilisent comme support les poupées, la dînette, le déguisement, les voitures, etc.

L’enfant continue son exploration corporelle en lien avec le développement de sa motricité et de son équilibre. Il s’essaye à de nouvelles expériences motrices et les coordinations se complexifient comme sauter et pédaler. Ces expériences sont essentielles dans la construction de son schéma corporel. C’est la conscience et la connaissance qu’a l’enfant de son corps. Son identité corporelle est le premier point de référence à son orientation spatiale. L’enfant vit à travers les expériences corporelles les notions simples d’espace, dans toutes orientations (dessous, devant, en haut, …). Elles sont la première étape dans la conceptualisation de l’espace. L’acquisition de ces repères spatiaux est un élément nécessaire pour l’accès à l’écriture plus tard.

L’enfant progresse également au niveau de sa motricité fine. Il la développe grâce notamment aux jeux d’encastrement, de construction, de manipulation de pâte à modeler. Il accède à l’activité graphique, tout d’abord par le plaisir du mouvement, de l’impulsion motrice et par le fait de laisser une trace. A trois ans, l’enfant dessine un rond plus ou moins fermé, traduisant le sentiment d’unité corporelle. L’important n’est donc pas de faire ce rond, mais de pouvoir se servir du dessin comme d’une représentation de ce qui l’entoure. Ainsi, l’enfant dessine « le bonhomme têtard », première représentation de son corps [16].

Dans l’évolution de la grapho-motricité*, le mouvement part de l’axe, il met en jeu l’ensemble des articulations du membre supérieur, pour s’affiner au niveau distal avec la prise du crayon. Il est donc intéressant, pour soutenir l’enfant dans la fluidité de son mouvement, de lui proposer de dessiner sur un plan vertical (tableau) avant de l’inviter au plan horizontal.

Le langage prend un véritable essor, le vocabulaire s’enrichit et l’enfant peut maintenant associer des mots pour construire une phrase. Il prend beaucoup de plaisir à s’exprimer, et manifeste une curiosité dans les échanges verbaux avec les adultes. La découverte des livres participe ainsi à son éveil cognitif.

L’enfant a besoin d’être actif et qu’on le soutienne dans ses mouvements d’autonomie. Il prend plaisir à participer aux petites tâches quotidiennes comme aider à mettre la table. Il est fier de faire les choses seul, comme se déshabiller sans l’aide de sa mère.

Les stimulations et son environnement

Le jeu est vital et signe de bonne santé chez l’enfant. Alors que pour l’adulte il est considéré comme futile et de l’ordre du divertissement, chez l’enfant, jouer est sérieux. C’est son travail. Le jeu favorise la croissance psychique de l’enfant et ses apprentissages cognitifs. Il met en œuvre le corps de l’enfant et son rapport à l’espace.

Enfin et surtout le jeu s’inscrit dans un climat relationnel avec ses parents, puis avec ses pairs.

L’enfant a besoin de répéter les mêmes jeux pour intégrer un apprentissage, maîtriser ses émotions et s’approprier son espace de vie. L’hyper-stimulation ne laisse pas le temps à l’enfant de développer sa pensée et elle peut provoquer du stress. Il peut se protéger en érigeant des mécanismes de défense comme une hypertonie.

Au départ, l’environnement reconstitue un cocon, et progressivement, il favorise l’éveil de l’enfant. Le jeu lui permet de développer son imaginaire en étant actif. Il est donc important de l’accompagner dans ce jeu par le regard ou la parole, de lui répondre et de ne pas l’interrompre. En effet, l’enfant est concentré lorsqu’il joue et a besoin de temps pour sortir de son jeu. C’est un espace de transition entre lui et sa mère, une aire transitionnelle, processus semblable au « doudou » [14]. Il cherche avant tout l’autonomie dans ses actions, et son environnement doit le lui permettre en toute sécurité. Cette autonomie se manifeste par le plaisir d’être actif.

Signes d’alertes

Un bilan psychomoteur permet de dresser un état des lieux sur le développement de l’enfant. Il se fait à travers l’observation de son activité spontanée et de la relation parents/enfant, et/ou par une passation de tests.

On observe son tonus à la recherche d’une hypertonie ou d’une hypotonie. On évalue autant le niveau d’âge des acquisitions, afin de détecter un retard psychomoteur, que la qualité de sa motricité. On observe également la manière dont il se sert de son corps pour communiquer avec son environnement, et la richesse de ses jeux. On peut aussi détecter des troubles de la communication comme un retrait, ou une fuite de la relation, une instabilité ou une hyperkinésie.

Les troubles psychomoteurs peuvent être d’origine psychique ou neurologique. Ce qui est à prendre en compte, ce n’est pas tant le retard psychomoteur de l’enfant que sa capacité à évoluer rapidement lors de la prise en charge. Cet élément de rapidité d’évolution est un indicateur de l’origine de son trouble psychomoteur.

La prise en charge en psychomotricité est un travail de soutien de la relation parents/enfant à travers des médiateurs ludiques et corporels. Ce travail aide l’enfant à être bien dans son corps. La lecture des signaux corporels de l’enfant nous renvoie à son état psychique. Lors de la détection de troubles psychomoteurs présumés, il est impératif d’adresser l’enfant vers son pédiatre. Celui-ci permet alors de prescrire un bilan psychomoteur, et/ou de l’orienter vers une structure de soins adaptée (CAMPS*, CMP* ou service de pédopsychiatrie).

Conclusion

Les différentes étapes du développement psychomoteur aident à mieux comprendre les problématiques de l’enfant vis-à-vis de son environnement. Cela permet également d’aborder l’enfant en respectant son rythme et en suivant son évolution psychique, corporelle et cognitive.

Il est intéressant de sensibiliser les parents sur le rythme individuel de leur enfant et de l’importance de lui procurer, dans une ambiance de plaisir et d’échanges, des expériences sensorielles et corporelles.

Le bébé a autant besoin de la chaleur du corps à corps de ses parents que d’être accompagné dans ses mouvements d’autonomie.

Il est dans la communication non-verbale, et s’exprime à travers son corps. Il est important d’être à l’écoute d’éventuels troubles toniques ou de dysharmonie du développement. Winnicott écrivait « qu’un bébé seul n’existe pas ». On ne peut dissocier l’enfant de son environnement affectif. Il est primordial d’être à l’écoute des parents pour avoir accès à l’enfant et de gagner leur adhésion pour le soigner.

Les premières années de vie sont essentielles pour sa construction tant physique que psychique, d’où l’intérêt des actions de prévention et d’une prise en charge précoce.

 

Références

  1. Zazzo R. Colloque sur L’attachement. Paris : Delachaux et Niestlé ; 1991.
  2. Ciccone A, Lhopital M.  Naissance à la vie psychique. Paris : Dunod ; 1991.
  3. Dolto C. L’image inconsciente du corps. Paris : Seuil ; 1984.
  4. Michaud Y. Le Cerveau, le Langage, le Sens. Paris : Odile Jacob ; 2002.
  5. Illingworth RS. Développement psychomoteur de l’enfant. Paris : Masson ; 1990.
  6. Brazelton TB. Points forts. Stock ; 1994.
  7. Piaget J. La naissance de l’intelligence chez l’enfant. Paris : Delachaux et Niestlé ; 1977.
  8. Winnicott DW. Processus de maturation chez l’enfant. Développement affectif et environnement. Lonrai : Payot ; 1993.
  9. Haag G. Réflexion sur quelques jonctions psychotoniques et psychomotrices dans la première année de la vie. Neuropsychiatrie de l’Enfance. 1988:
  10. Ajuriaguerra (de) J. L’enfant et son corps. Information psychiatrique 1971;47(5):391-402,.
  11. Koupernik C, Dailly R. Développement neuro-psychique du nourrisson. Paris : Puf ; 1980.
  12. Golse B. Le développement affectif et intellectuel de l’enfant. Paris : Masson ; 1997.
  13. David M. Vie affective et problèmes familiaux. 0 à 2 ans. Paris : Dunod ; 1999.
  14. Winnicott DW. Jeu et réalité, l’espace potentiel. Mayenne : Gallimard ; 1975.
  15. Laplanche J, Pontalis J-B. Vocabulaire de la psychanalyse. Vendôme : Puf ; 1994.
  16. Reinhardt JC. La genèse de la connaissance du corps chez l’enfant. Paris : Puf ; 1990.

 

Bibliographie

 

B Robert-Ouvray S. Intégration motrice et développement psychique. Lonrai : Desclée de Brouwer ; 2004.

B.Robert-Ouvray S. L’enfant tonique et sa mère. Martin média ; 1996.

Winnicott DW. De la pédiatrie à la psychanalyse. Lonrai : Payot ; 1993.

Gauberti M. Mère-enfant : à corps et à vie. Paris : Masson ; 1993.

Lévy J. L’éveil du tout-petit. Paris : Seuil ; 1981.

Busnel MC, Herbinet E. L’aube des sens. Ouvrage collectif sur les perceptions sensorielles fœtales et néonatales – les cahiers du nouveau né. Paris : Stock ; 1991.

Bernard M. Le corps. Manchecourt : Seuil Points ; 1995.

 

Glossaire

Réflexe de Moro : se définit par une abduction et une extension des bras suivies d’une adduction des bras. Il est provoqué par une perte de tenue de la tête, ou par un bruit qui déclenche alors en plus un réflexe de sursaut. Ce réflexe s’accompagne de pleurs, d’une extension du tronc et de la tête avec des mouvements des jambes. Il s’agit là d’un réflexe vestibulaire qui disparaît lorsque l’enfant a 3 ou 4 mois [5].

 

Loi céphalo-caudale : indique un des deux sens du processus de myélinisation, de la tête vers les pieds.

 

Loi proximo-distale : indique un des deux sens du processus de myélinisation, du centre vers la périphérie.

 

Activité praxique : séquence motrice qui s’organise dans le temps et l’espace en vue d’un résultat et d’une intention [11].

 

Jeux d’imitation différés : ils consistent à reproduire dans le temps, une situation vécue ou observée.

 

Intelligence pré-opératoire : représentation que l’enfant se fait de ce qu’il évoque. Cette intelligence symbolique est représentative et chaque objet est évoqué en image. Cette évocation se fait par les supports du langage de l’imitation différée, du dessin, du jeu symbolique et de l’image mentale [12].

 

Grapho-motricité : fait appel à l’aspect moteur de l’écriture. C’est donc l’enchaînement des mouvements qui la définit.

 

CAMPS : Centre d’Accueil Médico-Social Précoce.

 

CMP : Centre médico-psycologique.

 

[1] Les mots précédés d’un astérisque sont définis dans le glossaire

 

Auteurs de l’article

Emmanuel Frantz-Mercadal, ostéopathe DO

Nathalie Lamouche, psychomotricienne  »

 

 

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Le monde bouge. Les comportements bougent. Le travail bouge. La révolution digitale n’en est qu’à ses débuts. Face à ces bouleversements, parfois rapides, parfois violents, nous sommes positifs. Parce que, en rassemblant les intelligences, les compétences, les énergies, nous sommes persuadés qu’un monde meilleur peut émerger où l’homme (la femme) et le travail soient durablement réconciliés. Il faut de l’optimisme (parce que, non, ce n’était pas mieux avant). il faut de l’audace (parce que, non, ça ne se fera pas tout seul). Il faut de l’humanisme ( parce que, non le résultat trimestriel n’est pas le seul horizon).